Diagnostic immobilier : fissures sur les murs de maisons individuelles
La construction de maisons individuelles sur des sols compressibles conduit souvent à des tassements différentiels des fondations. Une partie de la maison "descend"plus que l'autre.
Conséquense : des fissures dans les façades, les cloisons, les carrelages...
Les maisons individuelles concernées ont généralement été construites en maçonnerie -briques ou blocs de béton- sans sous-sol, et fondées à faible profondeur (entre 0m50 et 1m). Les fondations sont réalisées en béton et renforcées le plus souvent par des armatures en acier.
Ces " semelles" de fondations ont pour fonction de diffuser les charges du bâtiment dans le sol, jusqu'à une profondeur qui n'exède pas, en principe, 3 à 4m sous leur niveau d'assise. Si, dans ces limites, le terrain est fait d'éléments rocheux, aucun incident n'est à craindre. Mais si, par contre, une couche argileuse se trouve intercalée, le pavillon court le risque de subir des mouvements générateurs de désordres.
Dans un premier temps, ceux que nous allons rencontrer auront trait à des sinistres survenus en période climatique normale, en dehors de toute incidence de sécheresse, et ne concernant pas des constructions sur argile gonflante. Ces problèmes particuliers étant traités en seconde partie de ce sujet.
Les trois conditions du mouvement
- Une argile compressible
La première de ces conditions concerne la compressibilité de cette argile, caractéristique qui est liée à son degré de "consolidation" : les sols fins dangeureux sont des argiles jeunes, qui n'ont pas eu le temps (géologique...) d'être bien serrées par des couches de sédiments suffisament épaisses. Elles présentent encore une compressibilité plus ou moins forte, les rendant sensibles à la nouvelle mise en compression que représente l'apport d'une maison.
- Des charges irrégulièrement réparties
Car la première circonstance n'est pas en soi suffisante et ne saurait entraîner seule les désordres observés. Elle pourrait par contre provoquer le tassement d'ensemble du pavillon, de plusieurs centimètres, si, par exemple, celui-ci était fondé à l'aide d'un "radier" général, sorte de plancher renversé sous les murs, répartissant bien les charges.
Il faut donc une deuxième condition: que les charges transmises par la contruction ne soient distribuées régulièrement d'un point d'appui à un autre. Ce déséquilibre des efforts sur le sol provoque alors ce qu'on appelle un "tassement différentiel", soit des points d'appui innégalement chargés, fondés de ce fait par des semelles de largeurs différentes, et dont l'incidence sur le terrain peut être traduite par des courbes "enveloppes" que l'on nomme "bulbes des pressions" et qui font comprendre le mécanisme de compression "différentielle" que subit cette couche.
- Une structure fragile
Il faut encore une troisième condition: en effet, ce tassement différentiel va tendre à déformer les murs de la maison, en les "gauchissant" . Chaque déformation d'un mur en maçonnerie s'accompagne de l'apparition de contraintes dans la paroi, notamment au niveau des joints de briques ou entre parpaings. Les murs de façades sont le plus souvent sollicités, car les angles du bâtiment sont plutôt plus chargés que le centre.