Canalisations encastrées et corrosions attention aux fuites !
Les canalisations noyées dans les dalles des bâtiments sont, pour la plupart du temps, en cuivre. Elles sont avec l'usure victimes de corrosions.
La corrosion se matérialise par des piqûres sur le cuivre et, dans une moindre proportion, par la corrosion-érosion.
Le cuivre recuit : maléable et pratique
Les canalisations enrobées sont de grandes longueurs et exigent des changements de directions multiples pour s'adapter à l'architecture des bâtiments. C'est pourquoi les plombiers professionnels utilisent un matériau assez malléable et pouvant être livré en rouleaux sur les chantiers : le cuivre recuit après façonnage.
Pour obtenir ce produit fini, les fabricants utilisent des huiles lubrifiantes qui restent en dépôt sur les parois des tubes en cuivre. En fin de fabrication, lorsque le tube est recuit, les huiles se transforment en matières carbonnées nocives : c'est le craquage des huiles enrobées à très hautes températures.
Les facteurs qui accèlèrent la corrosion
La qualité de l'eau : des éléments contenus dans l'eau peuvent avoir des effets chimiques ou mécaniques (abrasifs), s'ajoutant aux mauvaises qualités de surface des tuyaux, et accélérer notablement le phénomène de corrosion.
La conception : le calcul des débits, le tracé du réseau sont autant de paramètres qui peuvent être à l'origine de dégradations sinistrantes.
Trois types de corrosions
Il faut tout d'abord différencier les corrosions externes et les corrosions internes, dont la distinction ne peut évidement se faire après avoir vu l'échantillon percé, ce qui n'est pas possible dans de nombreux cas, pour diverses raisons, dont celles d'accessibilités (dans le cas de tubes encastrés).
- Corrosion externe
Cette forme de corrosion assez fréquente, que l'on retrouve principalement dans les tubes encastrés sous gaines, est souvent lié à la présence, d'une part d'humidité, d'autre part d'éléments agressifs (chlorures, sulfates...).
- L'arasement de la gaine au niveau du sol (salle de bains, cuisine) en est la première cause. La pénétration d'eau (humidité ou vapeur d'eau) entre la gaine et le tube de cuivre, la présence d'agents de pollution tels que les chlorures et l'ion amonium (ammoniac sous forme de gaz, ou ammoniac sous forme liquide), conduit à une concentration de sels agressifs dans les points bas et à une attaque rapide et caractéristique.
- Des raccords fuyards peuvent également être à l'origine de désordres du même type, lorsque l'eau arrive à s'infiltrer dans la gaine.
A noter : l'ammoniac sous forme liquide est courament employé dans les produits de nettoyage de sol
- Corrosion interne
La complexité des phénomènes de corrosion rencontrés dans la pratique est due le plus souvent à l'intervention de plusieurs facteurs dont les principaux sont :
- nature de l'eau (minéralisation, température, aération, pollution....)
- nature et état métallurgique du métal
- dépôts superficiels exogènes
- couples galvaniques
- contraintes statiques ou cycliques
- vitesse du fluide
Corrosion perforante par piqûres appelée "pitting": elle se présente sous deux aspects, selon la nature du métal, la composition de l'eau et sa température.
Le type "pitting 1" apparaît uniquement sur les réseaux d'eau froide assez fortement minéralisée et sur du cuivre recuit ou écroui, traité thermiquement lors des assemblages par brasures. Il est lié à la présence d'un film de résidus carbonnés à la surface du tube (pyrolise des huiles d'étirage), ou de certains oxydes formés à haute température (opération de façonnage). Cette corrosion perforante se manifeste par la présence de cratères hémisphériques surmontés d'une pustule de teinte verdâtre. L'amorçage de la piqûre peut se faire par rupture des films protecteurs ou par formation de piles d'aération différentielle sous les dépôts. Cette attaque est souvent très localisée. C'est le cas de corrosion type des années 1960/70. Depuis la mise sur le marché de tubes dont la surface à été traitée de manière à limiter les traces de résidus carbonés, le pitting classique à considérablement régressé. Il est alors apparu un phénomène de corrosion que l'on peut assimiler à du pitting, en raison de sa morphologie, sur des tubes cuivre à l'état écroui, mais localement recuit (façonnage, brasures) lorsque la température de brasage est élevée ou le temps de chauffe trop long . Dans ce cas, l'attaque se manifeste à la jonction entre des tronçons écrouis et recuits.
Le type "pitting 2" apparaît sur des réseaux d'eau chaude assez peu minéralisée, avec un rapport de concentration bicarbonates/sulfates inférieur à l'unité. Ce phénomène est accessoire en France. Il se localise dans les régions à risque possédant des eaux douces généralement traitées.
- Corrosion-érosion
C'est un phénomène qui n'apparaît que dans les circuits bouclés ou fermés. Il est lié, à la vitesse de circulation de l'eau et à la géomètrie de l'installation. Ce type de corrosion présente une morphologie caractéristique dite "en fer à cheval". En général, cette réaction se produit lorsque les vitesses de circulation dépassent 1,5m/s au niveau de la paroi du métal. La présence de particules solides ou gazeuses dans l'eau peut accélérer cette corrosion ou provoquer des cavitations.
Notre conseil
- lorsque vous faites construire exigez des tuyaux à la norme N.F.
- que vous soyez propriétaire ou locataire demandez à faire des mesures de la composition de l'eau par un professionnel de l'eau.
- veillez à l'éxécution soignée des gaines elles protègent vos canalisations !
- veillez à une bonne conception du parcours et au dimensionnement des tuyaux.
En cas de fuite avérée, n'essayez pas de réparer vous-mêmes, faites appel à un professionnel, (voir notre rubrique de professionnels) cela vous évitera bien des déboires et des notes salées !